Christine Lagarde lors de la conférence de presse de la BCE à Francfort, le 29 octobre 2026 ( AFP / Kirill KUDRYAVTSEV )
Christine Lagarde a averti mercredi que les coûts économiques du dérèglement climatique allaient s'alourdir en Europe et appelé à accélérer les investissements dans l'adaptation, dans son premier billet de blog depuis l'annonce de son départ anticipé de la Banque centrale européenne.
La présidente de l'institution monétaire, qui quittera ses fonctions le 7 février, soit neuf mois avant la fin de son mandat, revient sur un été caniculaire et une sécheresse historique en Europe.
Cette saison a été marquée par des records de chaleur, plus de 30.000 décès excédentaires, des incendies ayant ravagé quelque 400.000 hectares en France et en Espagne, ainsi qu'une sécheresse ayant perturbé la navigation sur le Rhin et le Danube, rappelle-t-elle.
Si ces événements n'ont eu jusqu'ici qu'un impact limité sur l'activité économique de la zone euro, Mme Lagarde estime que les risques à long terme sont largement sous-évalués.
"Les coûts du changement climatique augmentent et les chocs futurs pourraient être plus difficiles à absorber", écrit-elle.
Un habitant devant sa maison détruite par les incendies au Porge (Gironde), le 13 août 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )
"La chaleur extrême reviendra plus souvent et avec davantage de force, et ses coûts pèseront le plus lourdement sur ceux qui sont le moins capables de les supporter", prévient-elle.
À quelques jours de l'ouverture de la COP31 en Turquie, à Antalya, Mme Lagarde a salué le nouveau cadre européen de "résilience climatique" présenté fin octobre par la Commission européenne. Il vise à mieux préparer les États membres à des phénomènes météorologiques extrêmes appelés à devenir plus fréquents sur un continent se réchauffant deux fois plus vite que la moyenne mondiale.
Mme Lagarde plaide notamment pour davantage d'investissements dans les réseaux électriques, le stockage d'énergie et l'électrification de l'économie afin de mieux résister aux futures vagues de chaleur.
"Chaque euro investi dans la modernisation du réseau permet d'économiser plus de deux euros dans le reste du système énergétique", affirme-t-elle.
"L'Europe dispose des moyens de limiter les dégâts, et nous le devons aux générations qui vivront avec ces étés de les utiliser dès maintenant", conclut-elle.
Mme Lagarde entend visiblement continuer à peser dans le débat climatique, l'un des thèmes qu'elle a le plus défendus au cours de son mandat à la tête de la BCE.

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